Mme Wang s’est dévouée depuis plusieurs années pour les droits de l’homme, s’est notamment occupée des victimes du séisme du 11 septembre 1999 et s’est battue pour la reconnaissance par le Japon des exactions commises envers de jeunes taiwanaises durant la Seconde Guerre Mondiale, dans le dossier dit des “femmes de confort”. A propos de la peine de mort, elle désire garder intacte ses convictions et s’y oppose, la pression ne sera-t-elle pas trop forte ?
La plus importante pression proviendra probablement des citoyens eux-mêmes: les sondages démontrent leur peur de voir la criminalité augmenter si la peine de mort est supprimée. De plus, les citoyens déclarent souvent dans les sondages d’opinions qu’ils craignent que la justice n’ait plus de réponse réelle à apporter aux familles des victimes. Les “contres” indiquent pour leur part que les criminels endurcis n’ont pas peur de deux balles de fusil, mais que dire de la peur d’un emprisonnement à vie, pour trente, quarante, cinquante ans ? De plus, l’idée selon laquelle les familles des victimes pourraient recevoir une rente de compensation suite à leur perte de la part même du criminel, qui devrait ainsi travailler en prison pour subvenir à cette rente, commence également à faire son chemin dans la société.
Un système judiciaire n’est jamais parfait, et les morts ne peuvent pas être ramenés à la vie même si l’on met fin à la vie de leurs assassins. Depuis quelques années, de nombreux cas d’injustice aux Etats-Unis, prouvés grâce à l’ADN ont démontré que parfois des personnes peuvent être accusées à tort et mis à mort injustement, l’Etat devant alors meurtrier. On peut comprendre la souffrance et la frustration des familles de victimes qui s’opposent à l’abandon de la peine de mort, déclarant que sans peine capitale, la justice ne peut être une vraie justice, mais les exécutions sont elles le meilleur moyen de rendre justice ?
Ainsi, avant de prendre une décision qui sera de toute façon difficile à prendre, Mme Wang a indiqué qu’elle aurait à considérer toutes les opinions avant d’atteindre cette décision. Abolir la peine de mort n’est pas une simple affaire, et la décision sera à prendre avec précaution. Pendant les huit années de gouvernement du Parti Démocratique (DPP) l’idée d’abolition a été maintes fois remise sur le devant de la scène et maintes fois repoussée notamment du fait du manque d’information de la population. Amnesty International a rapporté l’an passé que 135 pays avaient déjà aboli la peine de mort alors que 65 la pratiquent toujours. Sur ces 65 pays, 24 pays ont mis en place un moratoire.
Même en Chine, le nombre d’exécutions annuel est en chute (540 en 2007 contre 1010 en 2006). Le 28 décembre 2007, les Nations Unis ont demandé par résolution l’abolition dans tous les pays, ou au moins, la mise en place d’un moratoire afin de débattre de l’affaire. Depuis deux ans, aucune exécution n’a eu lieu à Taiwan •















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