«Je veux que le dialogue commence et je graduerai ma réponse en fonction de la réponse qui sera donnée par les autorités chinoises» à la situation du Tibet, déclare le président de la République, sans préciser s’il envisage un boycott de la cérémonie d’ouverture ou de la totalité des jeux.


Toutes les options sont ouvertes”, concernant un boycott à l’occasion des jeux Olympiques de Pékin, a déclaré le président Nicolas Sarkozy, mardi 25 mars, en marge d’une visite à Tarbes.
«Toutes les options sont ouvertes, mais j’en appelle au sens de la responsabilité des dirigeants chinois», a déclaré Nicolas Sarkozy, sans préciser s’il s’agissait d’un boycott de la cérémonie d’ouverture ou de la totalité des jeux. «Je veux que le dialogue commence et je graduerai ma réponse en fonction de la réponse qui sera donnée par les autorités chinoises», a-t-il ajouté. «Je pense que c’est comme cela qu’il faut réagir, si on veut obtenir des résultats», a-t-il dit.

Les propos de Nicolas Sarkozy ont fait suite aux critiques à peine voilées de l’ancien Premier ministre Alain Juppé (UMP), qui affirme que les “responsables occidentaux” demandent à la Chine de “tuer avec retenue” au Tibet. En effet, le président Nicolas Sarkozy avait dans un premier temps appelé Pékin à la “retenue” après les violences dans cette province.
«Le premier mouvement, devant la répression sanglante des manifestations au Tibet par les autorités chinoises, c’est tout naturellement la révolte et la condamnation», indique l’ex-ministre des Affaires étrangères dans un message mis en ligne dans un message diffusé lundi soir sur son blog. «Peut-on imaginer cas plus flagrant de violation des libertés fondamentales d’un peuple opprimé depuis des décennies?», dit-il. «Et qu’entendons-nous dans la bouche des responsables occidentaux, politiques ou diplomates, de Washington ou New York à Bruxelles en passant par à peu près toutes les capitales européennes ? Un appel à ‘la retenue’», poursuit-il. «En somme, nous demandons au pouvoir de Pékin de ‘tuer avec retenue’!», dit-il.

Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner avait quant à lui déclaré sur Europe 1 que la répression chinoise au Tibet “n’est pas supportable”. Le chef de la diplomatie a réaffirmé que la France n’est pas favorable à un boycott des Jeux Olympiques.  «Cette répression n’est pas supportable», a affirmé Bernard Kouchner sur la radio française Europe 1, répondant au socialiste Jack Lang qui l’avait invité dimanche à sortir de sa “réserve” sur la question du Tibet. «Le dalaï lama n’a jamais demandé l’indépendance (…) du Tibet comme personne ne réclame, surtout pas le dalaï lama, le boycott des Jeux olympiques», a rappelé le chef de la diplomatie française. «C’est pourquoi j’ai dit, et je répète avec douceur: ne soyons pas plus tibétains que le dalaï lama, mais soyons avec lui et avec nos amis chinois, parce que c’est eux aussi qui sont concernés».

«Nous avons toujours été comme bloqués, comme gênés par cette attitude des Tibétains que nous comprenons à moitié», a observé Bernard Kouchner. Et de lancer à l’adresse de Jack Lang: «Oui, Jack, je parle comme toi, il faut absolument qu’il y ait une reconnaissance” mais “une reconnaissance de quoi, je n’en sais rien! De la liberté de culte? On n’en sait rien en réalité». Présentant le chef spirituel des Tibétains comme un “ami”, déjà rencontré “des dizaines de fois”, Bernard Kouchner a rappelé que le dalaï lama “avait annoncé sa visite au mois d’août” et qu’il n’y avait “aucune raison” qu’il ne le voit pas à ce moment-là. De son côté, la secrétaire d’Etat aux Droits de l’Hommes Rama Yade a déclaré qu’elle recevrait le dalaï lama “volontiers et sans aucune réserve” en cas de visite pastorale du chef spirituel tibétain en France, tout en jugeant qu’un boycott des Jeux Olympiques ne serait “pas efficace” •

Source: AP




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